2006-07-27

Comment libérer le Cambodge...

Nouvelles du Cambodge n° 0631F

COMMENT LIBÉRER LES CAMBODGIENS DE L'IGNORANCE, DE LA MALADIE, DE LA MISÈRE ET DE LA DOMINATION VIETNAMIENNE ?

Khemara Jati
Montréal, Québec
Le 27 juillet 2006

Ta Mok est mort. Il est mort de quoi ? Ses proches disent que Ta Mok était en forme avant l’instauration du Tribunal. Ils ont demandé en vain que Ta Mok fût soigné convenablement hors de la prison. Qui a intérêt à sa mort ? Qui est l’assassin ? Le fameux « Tribunal » n’est-il pas devenu une farce sinistre ?

Tout le monde sait que Ta Mok était un chef de guerre. Tout le monde sait que Ta Mok n’a pas sa langue dans sa poche. Un tel homme est-il un danger pour qui ? Qui a intérêt à sa mort ?

Sur le plan international, il y a à La Haye (Pays-Bas) la « Cours Internationale de Justice » créée en 1946 en tant qu’organe judiciaire principal de l’ONU. La Cour Internationale de Justice a jugé que Preah Vihear appartient au Cambodge.

Il y a aussi les « Tribunaux Pénaux Internationaux » créés par le Conseil de Sécurité de l’ONU en 1999, pour juger les massacres généralisés et organisés etc. Issu de ces « Tribunaux Pénaux Internationaux, il y a le « Tribunal Pénal International pour l’ex-Yougoslavie » (TPIY), puis il y a le « Tribunal Pénal International pour le Rwanda (TPIR).

Le TPIY s’est disqualifié après la mort du principal accusé Slobodan Milosevic dans ses prisons. Sur le plan juridique, un tribunal est toujours responsable de la vie et aussi de la mort d’un inculpé durant son incarcération.

Ainsi le « Tribunal pour juger les chefs Khmer Rouge » est entièrement responsable de la mort de Ta Mok. Duch est le seul inculpé qui reste encore en prison. Ne risque-t-il pas sa vie s’il décide de dire le contraire des ordres du pouvoir en place ? Qui se sent en sécurité dans les prisons actuelles ? Quel témoin peut-il se sentir en sécurité ? Même hors des prisons ? Pourquoi s’acharner à organiser un tel « Tribunal » prétendu aux normes internationales dans un pays ravagé par la corruption, avec des juges aux ordres du pouvoir en place et avec un Ordre des Avocats qui ne respecte pas les élections démocratiques ?

Après la mort suspecte de Ta Mok, ce « Tribunal » aux coûts si pharamineux ne devient-il pas déjà une farce sinistre ? Un tribunal déjà moribond à peine né ?

Qui a intérêt à ce « Tribunal » ? Ceux qui financent ce « Tribunal » ? Ce « Tribunal » peut-il porter un jugement contraire aux intérêts de ceux qui le financent ?

Est-ce que le fameux « Tribunal » pour juger les quelques chefs Khmer Rouge agonisants va permettre au peuple cambodgien de voir la fin de l’ignorance, de la maladie, de la misère et de la domination vietnamienne ? Nous reproduisons ci-dessous l’article publié dans le journal Cambodia Daily du 5 juillet 2006, sur l’opinion du peuple cambodgien envers ce « Tribunal » :

In the capital, Little Enthusiasm Found For Tribunal
By Thet Sambath and Erik Wasson.
A day after the Khmer Rouge tribunal judges and prosecutors swore their oath of office at the Royal Palace, reaction to the historic event appeared muted in Phnom Penh, and several residents questioned whether the tribunal would accomplish its mission of bringing justice for those killed from 1975 to 1979.
Mok Say Vibol, 48, a bookseller who lost 10 family members, said people were generally apathetic toward the process, as the promised trial was only intended for several top leaders.
“I am not satisfied with a trial of senior leaders,” Mok Say Vibol said at his stall behind the Royal Palace.
“I lived through the regime and I know vicious the cooperative chiefs were. We dared not laugh in front of them they were so brutal to us. Trying just a few people is useless, “ he said. “If the trial were fair, then government officials who followed Pol Pot would be involved too.”
Kong Tary, 51 a policeman who said his father was tortured to death by the Khmer Rouge, said that too much time had elapsed to be enthusiastic about a trial now.
“We used to want justice for the Khmer Rouge because they killed the people but it is too long to remember what happened,” Kong Tary said.
“Now we just have 50- percent expectation for the trial,” he said.
Though the international judges ad prosecutors have arrived and both the court’s Cambodian and international appointees have been sworn in, 40-year-old Ouk Pov said he was still skeptical that the trials would actually take place.
“They always delay and postpone. Even if the foreigners are already here, they find a way to delay,” he said.
Others said that thinking about the Democratic Kampuchea period was still too traumatic, and Kol Pich, 65, a parking attendant originally from Battambang province, said he wanted to know as little as possible about the tribunal.
“I know nothing about the trial,” Kol Pich said. “Not thinking about it make me feel peaceful; when I am reminded about the past it makes me angry,” he said.
“If they had the trial right after the Khmer Rouge regime, the people would have satisfied, but by now it has been too long,” he said. “The leaders are sick and old. Why do they waste money to try them?»
Sao Sey, 48, a sugar cane seller from Svay Rieng province, agreed “Life was hard under them but it was a long time ago,” she said. If they put those leaders in jail, so what? The people get nothing from that.”
At Phnom Penh’s O’Russei Market, flower seller Chhim Mary, 51, whose parents died during Democratic Kampuchea, said that she was happy that the tribunal was starting, but worried that if the trials don’t happen soon they may not happen at all.
“I just don’t believe that they can try them Ta Mok is sick, the others are very old,” she said.
“Please have the trial soon because [the leaders] have nearly all died,” said cyclo driver Sok Un, 71.
Duch Silong, a Pailin resident who was a Khmer Rouge soldier in Battambang during the regime, said there was nothing to benefit from digging up the country’s brutal past.
“I don’t want to have a trial because it will remind people and make everyone suffer and want to have revenge against each other again,” he said. “They should try and forget the past and live in society together.”
(Additional reporting by Prak Chan Thul)

Nous souhaitons que Cambodia Daily étende son enquête auprès des chiffonniers qui vivent avec leur famille (femme et enfants) sur des tas d’ordures pour essayer de trouver les restes vendables avec en permanence des odeurs pestilentielles, auprès des prostitué(e)s[1], auprès des Cambodgiens qui mendient à Saigon, aux Cambodgiens qui travaillent comme des forças en Thailande etc. qui eux aussi ont des parents victimes des Khmer Rouge et d’autres massacres.

En effet pourquoi mettre de côté les familles des victimes des bombardements US ? Les familles des victimes du Plan K 5 pour construire le « Mur de Bambou » ? Les familles des victimes des multiples massacres dont ceux de décembre 1991, du 30 mars 1997, de juillet 1997, de septembre 1998 ? Sans compter les familles de Thun Bunly, de Piseth Pilika, de Om Radsady, de Touch Sunnich, du Vénérable Sam Bounthoeun, de Chea Vichea et de tant d’autres ?

Le Roi Père a donné la raison principale de cette indifférence du peuple dans son message daté du 6 juillet 2006 :
« (…) notre Petit Peuple, c’est-à-dire la très grande majorité des Khmers et Khmères à l’intérieur de ce 2ème Royaume du Cambodge, est toujours dans une pauvreté extrême, manque souvent de riz et autre nourriture, et last but not least, est, en nombre croissant, chassé et privé de leurs terres. Et ce Cambodge « 2ème Royaume » lui-même est officiellement classé parmi les pays les plus pauvres, les plus arriérés du monde, et cela, en dépit du nombre invraisemblable « chez nous » des Richissimes, de leurs villas ultra-somptueuses, de leurs autos de grand luxe, de leur faramineux compte en banque, bijoux et autres trésors de Super-Maharajas avant l’Indépendance et la Démocratisation de l’Inde.
(…)
Mais les millions de notre Petit Peuple, « les jeune génération », sont les authentiques descendants (fils, filles, cousins, neveux, nièces, petits-fils, petites-filles, arrières petits-fils, arrières petites-filles) des authentiques victimes du Polpotisme. (…)


Rappelons que le régime hitlérien a tué officiellement 6 millions de Juifs durant la dernière Guerre Mondiale. Dès la fin de cette guerre, les familles des victimes, juives ou non, ont pu récupérer leurs biens immobiliers et mobiliers. Ceux dont ces biens ont été détruits sont indemnisés. Les orphelins sont bien accueillis et scolarisés avec les aides et le soutien de la communauté et de l’Etat. Ce qui fait que rapidement les blessures de la guerre sont soignées avec réparations et ou indemnisations. De nos jours les juifs sont si bien intégrés dans la vie sociale, culturelle et économique du pays où ils vivent, qu’il n’y a pas un seul juif illettré ou ouvrier dans les usines !

En plus on a soigneusement entretenu tous les camps de concentration nazis. Dans ces camps il règne une atmosphère de respect aux morts. Il n’y a aucuns ossements ou crânes des suppliciés. Pour honorer ces morts, on construit de nombreux monuments dans certaines capitales de l’Europe. A Berlin par exemple le monument à la mémoire des Juifs morts dans les camps, couvre plus d’hectare, situé au cœur même de la ville, construit aux frais du gouvernement allemand.

Est-ce le cas au Cambodge ? 27 ans après la fin du régime Khmer Rouge ? Rainsy a estimé que chaque année, 200 000 cambodgiens continuent à mourir de l’ignorance, de la maladie, du sida et de la misère. Au Cambodge la mortalité infantile est une des plus élevée, sinon la plus élevée du monde.

On expose les ossements et crânes des suppliciés et dans certains endroits ces ossements sont restés dans la boue sans entretien comme les ossements d’animaux. Quand construira-t-on un monument à leur mémoire où les familles des morts pourront venir se recueillir ? Pourquoi ce mépris de la communauté internationale pour le peuple cambodgien ? Faut-il encore combien de millions de morts ? Le respect des morts ne fait-il pas parti de la culture humaine depuis plus de cent mille ans ? Les responsables des grandes puissances sont-ils des êtres humains ? Eux qui se prétendent respecter les Droits de l’homme ? Le Droit le plus élémentaire des hommes n’est-il pas le respect de la mort de ses semblables ? Pourquoi Pol Pot et Ta Mok ont-ils droit à des obsèques normales ? Mais pas à leurs victimes ? Pourquoi deux poids et deux mesures ?

Une fois encore le Roi Père a raison dans son message du 15 juillet 2006 intitulé : « Les Ames errantes des Victimes des Khmers Rouges Polpotiens”
(…) « Les âmes errantes des Victimes des Monstres K.R. Polpotiens (y compris d’innombrables Sihanoukistes : Petit Peuple Khmer, Membres de ma Familles et de celle de mon Épouse, membres du FUNK et du GRUNC) ne trouveront la Paix, l’Apaisement véritables que si la totalité de leurs ossements (crânes, squelettes) est incinérée selon les rites bouddhiques (avec des bénédictions sous formes de prières et versement d’eau parfumée, etc., et enfin mise en stupas).
Ces rites bouddhiques sont absolument conformes aux croyances indéracinables et aux pratiques obligatoires de nos parents, grands-parents et ancêtres, et cela depuis des siècles et des siècles.
C’est pourquoi, dans les premières années de décennie 1990, j’avais solennellement demandé qu’on réalisât ces rites (à mes frais, y compris le coût de la construction des stupas) afin de permettre aux âmes errantes d’échapper à leurs indicibles tourmentes et d’atteindre au « Sokkatékphoup », à la Paix, à l’apaisement total. » (…)

Pourquoi la communauté internationale continue-t-elle à manquer de respect aux morts cambodgiens et par-là même au peuple cambodgien lui-même dans son ensemble, y compris les Cambodgiens qui vivent à l’étranger ? N’y a-t-il pas assez de morts cambodgiens depuis 1970 jusqu’à nos jours ? Pourquoi cette exception cambodgienne dans ce devoir essentiel envers les morts ? Pourquoi entre les Juifs et les Cambodgiens, il y a, pour la communauté internationale, deux poids et deux mesures, deux manières, si criantes d’injustice, de se comporter sur deux problèmes similaires ?

Le pillage de nos richesses naturelles : pierres précieuses, forêts, poissons et bientôt pétrole et gaz naturel n’est-il pas encore suffisant ? Pourquoi accepter l’abêtissement volontaire du peuple cambodgien par une politique aberrante de l’enseignement concernant le salaire des professeurs et le programme scolaire imposé ? Pourquoi la communauté internationale ferme-t-elle les yeux quand les Vietnamiens pratiquent une politique raciste contre nos frères du Kampuchea Krom ? Les Vietnamiens ne sont-ils pas en train de tout faire pour détruite leur culture ancestrale par l’élimination de la langue cambodgienne ? Pourquoi fermer les yeux quand des millions de Vietnamiens viennent s’installer en maîtres chez nous ? Et qualifier de « raciste » toute velléité de s’opposer à cet envahissement ? Pourquoi favoriser cet envahissement en construisant une véritable autoroute entre Phnom Penh et Saigon ? La première au Cambodge comme au Vietnam ? En recourant exclusivement aux entreprises vietnamiennes ? Alors que les communications à l’intérieur du Cambodge restent toujours négligées ? Pourquoi la route entre Sisophon et la ville de Siem Reap reste toujours impraticable ? Pourquoi ne pas terminer la route Phnom Penh – Preah Vihear commencée par Chea Sophara ?

Après la mort récente de Ta Mok, nous reproduisons ci-dessous le message du Roi Père en date du 22 juillet 2005 intitulé : « Un message respectable et … sensationnel
TV5, dans la nuit du vendredi 21 au samedi 22 juillet 2006, à 0h20 a.m., a laissé parler librement le jeune et fort crédible Monsieur CARETTE qui vient de visiter le Cambodge pour y enquêter sérieusement sur l’Affaire du (très coûteux) TRIBUNAL khméro-étranger chargé de juger certains Chefs Khmers Rouges coupables de crimes contre l’Humanité.
Monsieur CARETTE, en notant la mort de l’archi-criminel TA MOK, a conclu que le fameux TRIBUNAL n’aura finalement à juger qu’un seul individu, « le commandant DUCH… (si d’ici quatre ans ce Duch est encore vivant).
Dépenser 56 millions de Dollars USA pour juger 1 homme, même archi-criminel, sera inévitablement jugé par l’Histoire elle-même avec une grande sévérité.
Monsieur CARETTE, très clairement, témoigne qu’au Cambodge, le Peuple Khmer ne pense qu’à s’assurer une vie décente et que seule la Diaspora (sic !) khmère de certains Pays étrangers réclament ce tribunal et ce jugement.
Tout commentaire s’ajoutant au témoignage de Monsieur CARETTE serait superflu.
(Signé) Norodom Sihanouk

Naturellement les 56 millions de $US sont largement insuffisants pour aider le Cambodge à se développer comme ses voisins de l’Est et de l’Ouest. Mais les plus de deux milliards de pétrodollars $US de rentes annuelles, ne sont-ils pas plus que suffisants ? Sinon est-ce que les grandes puissances et les grandes compagnies pétrolières envisagent de transformer le Cambodge en un autre Angola ? Avec comme avenir la vietnamisation de notre pays à l’instar de notre Kampuchea Krom ? Qui vont empocher ces plus de deux milliards annuels de pétrodollars ? La société vietnamienne Sokimex n’a-t-il pas déjà sa part ? Celui du lion ? Et qui d’autres ? Pourquoi toujours cette épaisse opacité concernant les termes du contrat entre Hun Sen et les sociétés pétrolières ? Qui peut nous certifier, d’une façon crédible, les vraies réserves de nos richesses en pétrole et en gaz naturel ? Qui peut certifier, d’une façon crédible, les quantités réelles des ventes annuelles de nos hydrocarbures ? Il faut souligner que ces plus de deux milliards annuels de $US ne concernent que les réserves déjà confirmées par les sociétés pétrolières.

Les Cambodgiens n’ont pas attendu l’instauration de ce « Tribunal », déjà disqualifié et moribond à peine né, pour s’unir dans les luttes multiformes, avec leurs faibles moyens, contre l’ignorance, la maladie et la misère, contre le monopole exorbitant de la société vietnamienne Sokimex et sa banque Canadia, pour l’indépendance nationale dans l’intégrité territoriale et maritime, pour la démocratie et la liberté. Nous avons mis en relief des succès importants sur les plans culturels, linguistiques, économiques et sociaux, dans nos précédents articles.

Au Cambodge le proverbe « Aide-toi, le ciel t’aidera » reste toujours d’actualité. Le respect se gagne par la lutte L’histoire montre que l’Indépendance Nationale, l’Intégrité Territoriale et Maritime, la Démocratie, la Liberté et la Paix, le Développement Economique pour l’Ensemble du Peuple, sont toujours acquises par la lutte du peuple[2].

Notes: This article is available into english upon request.

[1] Nantarayao Samputho décrit ces parias cambodgiens dans son livre « Lethik Prachea Thiptey » et traduit par lui-même en français « Le Cambodge en voix off », édition Funan, Phnom Penh 2004.
[2] Après la deuxième Guerre Mondiale, les Etats-Unis ont tout fait pour développer rapidement la reconstruction et l’économie de la Corée du Sud, du Japon et de Taiwan pour former une barrière pour s’opposer à la Chine. Maintenant Washington et Tokyo ne sont-ils en train de compléter cet encerclement de la Chine en aidant le Vietnam ? Cette stratégie amorcée par le Japon depuis 1972 et suivie de nos jours par les Etats-Unis est-elle sans conséquence pour notre pays ? Surtout avec nos abondantes réserves en hydrocarbures ? Les Cambodgiens vont-il subir passivement « la malédiction pétrolière » ? Comme tant d’autre pays ?

2006-07-25

Institut national de langue

NOUVELLES DU CAMBODGE N° 0630F

INSTITUTE OF NATIONAL LANGUAGE

Royal Academy of Cambodia

Russian Federation Blvd, Royal University of Phnom Penh, Campus II Tel: (855) 092 892 343, 011 734 992, 012 906 585, 012 446 416 Fax: (855) 23 890 180 E-mail: inl_rac@yahoo.com

Dear Friends and Colleagues:

We would like to invite you to participate in a conference on Research, Conservation, and Promotion of Khmer Language on Lexicology and Lexicography organized by the Institute of National Language, Royal Academy of Cambodia. The conference will be held on the 19th October, 2006 at the Royal Academy of Cambodia. Please find enclosed information and the registration form for the conference. The conference aims to provide a forum for discussion and interaction for participants, especially those who are practitioners in lexicology, and lexicography. If you have any queries, please feel free to contact us via e-mail:
inl_rac@yahoo.com. We hope you will be the participants at the conference. The Conference Organizing Committee Institute of National Language Royal Academy of Cambodia.

NOTE DE KHEMARA JATI :

Khemara Jati
Montréal, Québec
25 juillet 2006

Une nation, c'est d'abord une langue unique pour l'ensemble du peuple. Tous les pays développés utilisent la même et une seule langue de la maternelle jusqu'à l'université la même langue, avec une ou plusieurs langues étrangères. C'est le cas de tous les pays développés du monde et aussi chez nos voisins au Vietnam et en Thaïlande. Pouvons-nous rattraper notre retard intellectuel et donc économique quand nous ne formons que 25 ingénieurs par an ?

Le Cambodge a besoin de former, tous les ans, un grand nombre d'intellectuels de haut niveau dont des ingénieurs, des milliers voire des dizaines de milliers pour répondre aux besoins des industries qui vont s'installer dans notre pays avec les rentes annuelles d'au moins quatre milliards de pétrodollars. L'expérience montre que l'enseignement en langue étrangère dans les universités techniques est une entrave pour former ce grand nombre d'intellectuels. Un pays peut-il être indépendant quand les postes techniques sont entre les mains des étrangers ?

Note : This article is available into english upon request.

Le Cambodge et La malédication du pétrole ?"

Nouvelles du Cambodge N° 0629F

LE CAMBODGE ET «LA MALÉDICTION DU PÉTROLE ?»

Khemara Jati
Montréal, Québec
Le 17 juillet 2006

Maintenant nous avons la confirmation que le Cambodge possède des gisements importants de pétrole et de gaz sous son plateau continental. Et ce n’est qu’un début. Le problème est de savoir qui vont profiter de ces richesses ?

Tout d’abord, il faut chercher à connaître la quantité réelle de nos richesses déjà découvertes. Car pouvons-nous avoir une totale confiance dans les estimations des sociétés pétrolières ? N’oublions jamais que les sociétés pétrolières cherchent par tous les moyens à cacher la réalité de leurs découvertes. La misère des peuples des pays d’Afrique comme l’Angola par exemple qui possède d’énormes quantités de pétrole, ne nous incite-t-elle pas à la vigilance ?

D’autre part, il y a la voracité de nos voisins. Le Vietnam ne possède-t-il pas déjà un pied dans nos richesses pétrolières sous la forme de sa société Sokimex ? Sans compter les nombreuses complicités au sein du pouvoir actuel.

Le député du SRP, Yim Sovann a raison de soulever cette question :

« Sam Rainsy Party lawmaker Yim Sovann, chairman of the National Assembly’s Anti-Corruption Commission, said Cambodia did not have a law on the oil sector or on oil income management yet, and should establish clear policy guidelines before allowing oil exploration companies to proceed any further.

“We need to have and effective law, otherwise they will explore in anarchy and income will be lost to corrupt officials,” Sovann said.


The Word Bank Cambodia’s June Newsletter described the “resource curse” as the observation that since the 1970s, countries rich in natural resource (particularly oil, gas, and minerals) had achieved a slower rate of economic growth than resource-poor countries. Oil in particular generates a huge revenue stream for a government, but the number of taxpayers contributing to the oil revenue would be small. This made a government feel less accountable of its citizens and often led to worsening governance and large-scale corruption.” (Phnom Penh Post, July 14-27, 2006)

Dans Cambodia Daily du Wednesday, July 5, 2006, dans l’article “Chevron Ships drilling Rods to Sihanoukville” par Kay Kimsong,

“Yim Sovann said that the Assembly has not been regularly or fully informed about the exploration for oil, and called for the drafting of a law on managing oil and gas resources.

“Only a few people in government are dealing with oil and gas, such as Prime Minister Hun Sen and (Cabinet Minister) Sok An,” Yim Sovann said.

“If no law is adopted to protect crude oil and natural gas, these resources will be gone without profiting the Cambodian people,” he said.”


D’autre part, sans des ingénieurs et gestionnaires cambodgiens patriotes bien choisis et bien payés mandatés par des autorités compétentes et non corrompues, peut-on faire totalement confiance aux affirmations des sociétés pétrolières qui ont tendance à minimiser nos ressources et la réalité des exportations ? Comme dans beaucoup de pays d’Afrique, en Angola en particulier ?

D’autre part à quand la construction d’une raffinerie de pétrole et des usines électriques utilisant nos ressources en hydrocarbure ?

Nous reproduisons ci-dessous le texte intégral de l’article de Cheang Sokha, publié dans Phnom Penh Post du July 14-27, 2006.

Phnom Penh Post
July 14-27, 2006
Oil companies line up to drill off shore
By CHEANG SOKHA

Oil and gas exploration companies are lining up for a slice of the action in Cambodia's offshore oil field.

A Chevron-Ied consortium signed an agreement with Cam­bodian National Petroleum Authority (CNPA) chairman Sok An on July 6 to begin drilling in an area 120 km off the coast known as Block A, and oil could be flow­ing in not much more than a year.

Meanwhile a Chinese com­pany and a French company have met separately with Prime Min­ister Hun Sen to express their in­terest in exploration.

But a warning has been sounded that Cambodia has yet to pass any laws controlling the exploitation of its petroleum re­serves and is in danger of falling prey to the so-called "resource curse," whereby through poor governance oil revenues could be corruptly diverted and most people receive little benefit.

Eang SophalIeth, Hun Sen's personal assistant, said Hun Sen met Charles Mattenet from French Company Total Petroleum on July 7, and Yao Pinli, public communi­cations director of the China Na­tional Oil Company, on July 3.

"Samdech Hun Sen welcomed the projects, which could gener­ate more revenue to the state bud­get, and advised them to meet with Sok An for further discus­sion," Sophalleth said.

Men Den, director of explora­tion and production at CNPA, said it was a good sign that the Chinese and French companies intend to explore for oil and gas in Cambodia, which had numer­ous oil deposits and an estimated three trillion cubic feet (85 billion cubic meters) of natural gas.

"The China National Oil Com­pany is the third biggest company in China and it specializes in ex­ploring for oil and gas," Den said.

On July 6, Sok An signed an agreement to drill in Block A with a consortium comprising the US company Chevron Oversea Pe­troleum Cambodia Ltd (55 per­cent), Japan' s Mitsui Oil Explora­tion Co Ltd (Moeco) (30 percent) and South Korea's GS Caltex (15 percent).

Chevron Texaco announced last year that its affiliate had dis­covered oil in four exploration wells in Block A. The 6,278 square kilometer block encompasses the Khmer basin, with water depths averaging 70 meters.

On June 27, Chevron Texaco Cambodia transported drilling equipment including more than 2,000 tons of cranes and rods to Sihanoukville port.

Sihanoukville port.deputy dir­ector-general Ma Sun Hout said Chevron had signed a one-year contract with the port to lease one hectare of land to store the equip­ment and the company would need roughly 15 hectares when drilling began next month. .

"The equipment will be taken to the weIl sites next month," Sun Hout said. "We will do our best to help them make the drilling process go well."

The CNPA's Den said Chev­ron had already drilled five wells since 2002 and would now start to drill other wells, but it would take more than a year to get into production.

"They are still in the studying process," Den said, "I estimate they will spend between $700 and $800 million on drilling,"

Den said several companies had looked for oil in Cambodia's offshore waters since 1992 but had withdrawn after calculating they would have to invest a lot for a limited return.

"We need to have an effective law, otherwlse they will explore in anarchy and income will be lost to corrupt officials. " - SRP's Yim Sovann.

World Bank economist Hout Chea said Cambodia could po­tentially get considerable benefit from exporting its oil and gas re­serves, but good management would be needed to keep the eco­nomy stable.

Sam Rainsy Party lawmaker Yim Sovann, chairman of the Na­tional Assembly's Anti-Corrup­tion Commission, said Cambodia did not have a law on the oil sec­tor or on oil income management yet, and should establish clear policy guidelines before allowing
oil exploration companies to pro­ceed any further.

"We need to have an effective law, otherwise they will explore in anarchy and income will be lost to corrupt officiaIs," Sovann said.

The World Bank Cambodia's June newsletter described the "re­source curse" as the observation that since the 1970s, countries rich in natural resources (particularly oil, gas, and mineraIs) had achieved a slower rate of eco­nomic growth than resource-poor countries. Oil in particular gen­erated a huge revenue stream for a government, but the number of taxpayers contributing to the oil revenue would be small. This made a government feel less ac­countable to its citizens and often led to worsening governance and large-scale corruption.

The government awarded the petroleum production-sharing contract covering Block A to the Chevron Oversea Petroleum Cambodia and Moeco on August 15, 2002.

"There is a great momentum to promote the exploration, de­velopment and production of pe­troleum resources as well as to secure further international in­vestment in Cambodia' s oil and gas industry," Sok An said after the signing agreement ceremony at the time.

"We hope that exploration work by the Chevron Texaco and Moeco will succeed in finding hydrocarbons in offshore Cam­bodia and bring economic ben­efits to the people of Cambodia as weIl as to the company."


Posté par khemara Jati
khemarajati@sympatico.ca

2006-07-01

La situation du Cambodge

LA SITUATION DU CAMBODGE

PLAN :
1. Le Cambodge dans le contexte mondial.
2. Développement des couches sociales et économiques liées au problème national.
a / Les intellectuels
b / Les travailleurs des villes.
c / Les artisans, la petite et moyenne bourgeoisie.
d / Les paysans.
3. Conclusion

Khemara Jati
Montréal, Québec
Le 26 juin 2006

1 / Le Cambodge dans le contexte mondial.

Il est illusoire d’essayer de comprendre la situation actuelle du Cambodge, si nous ne tenons pas compte des intérêts géostratégiques des grandes puissances à l’échelle planétaire. Par exemple, le récent voyage de Ronald Rumsfeld à Hanoi et le prochain voyage de Bush au Vietnam n’auraient-ils aucune conséquence pour le Cambodge ?

De même, il est illusoire d’écrire l’histoire de notre pays si nous ne tenons pas compte de l’arrivée des Européens dans notre région par bateau à partir de la conquête, en 1511, du port de Malacca, jalon très important pour le commerce Europe – Asie du Sud-Est et de l’Est. L’ouverture de cette route maritime a tué la Route terrestre de la Soie et a sonné le déclin des empires de l’Asie Centrale.

Quelques années après, les Portugais arrivaient à Ayuthia, en Annam, en Chine, au Japon etc. Puis quelques années après, Magellan, en 1521, au nom de l’Espagne arrivait aux Philippines par l’Ouest, après la première traversée de l’océan Pacifique. Cette première démonstration de la rotondité de la terre, a aussi été une grande révolution culturelle dans la pensée des Européens.

Les Européens ont apporté avec eux leurs connaissances scientifiques, leurs systèmes d’organisations et leurs armes à feu. Le Cambodge d’alors n’avait pas de port maritime.

De nos jours les régions du monde les plus développées et les plus populeuses sont les régions côtières autour des ports. Au Japon, 90 % de la population sont concentrées autour des grands ports, sur une superficie qui ne représente que le dixième du pays.

Signalons en passant que le Cambodge ne possède un port maritime que depuis 1969. Maintenant nous savons que pas loin de ce port, il y a du pétrole. A partir de 2009, le Cambodge va percevoir un rente pétrolière annuelle de 4 milliards de $US. Ainsi notre port et nos régions côtières sont destinées à devenir le centre industriel, commercial, culturel et touristique le plus important de cette région. La question est de savoir si cette région restera cambodgienne ? Si le Cambodge ne forme que 25 ingénieurs par an et que le Japon n’accorde jusqu’ici que 125 bourses pour aller étudier dans ses universités en langue japonaise ?

Pourquoi le Japon qui ne se préoccupe-t-il que des routes qui relient Phnom Penh à Saigon, de la route qui relie nos provinces du Nord-Est au port vietnamien de Da-Nang ? Alors que la route RN 4 qui relie Phnom Penh à notre port de Kompong Som, offerte gracieusement par les Etats-Unis, est toujours à péage ? La route Sisophon à la ville de Siem Reap reste toujours impraticable ? Depuis 1992 jusqu’à présent le Japon ne fait-il pas tout pour faciliter la transformation du Cambodge en province vietnamienne ?[1]

Avant la chute du Mur de Berlin, l’avenir d’un pays repose sur le nombre des divisions de son armée. De nos jours l’avenir d’un pays repose sur le nombre de ses ingénieurs. La Chine forme 400 000 ingénieurs par an, l’Inde 300 000 et les Etats-Unis possèdent les meilleurs laboratoires du monde. Dans ce contexte le Cambodge ne forme que 25 ingénieurs par an en langue étrangère.

Le Cambodge manque-t-il de cerveau ? Lors des dernières « Olympiades Scientifiques Junior » qui se tenaient en Indonésie en décembre 2005, sur six candidats, le Cambodge a obtenu 6 médailles :

§ Dy Kusha a obtenu une Médaille d’or. L’heureux médaillé est fier de son succès et se réjouit du fait que ni la Thailande, ni le Vietnam n’ont obtenu de Médaille d’or.

§ Mom Charya (f) et Ty Sovisal ont obtenu, presque ex æquo chacun une médaille d’argent. Avant eux, il n’y avait qu’un Thailandais médaillé d’argent et pas de Vietnamien. La Cambodgienne Mom Charya a déclaré que le pouvoir actuel ne favorise pas les études scientifiques.

§ Say Buntha, Huoy Channaren et Hun Vanasola ont obtenu chacun une Médaille de bronze.

Les épreuves se faisaient en anglais. Les six candidats ont 16 ans, tous sont issus de familles modestes et apprennent principalement par autodidacte. Ils lisent et écrivent couramment le cambodgien, l’anglais et le français. Jusqu’à présent ces jeunes qui montrent au monde, les capacités intellectuelles de notre nation, ne sont encore honorés par aucun homme ou parti politique cambodgien. Un jour, ces intellectuels de la nouvelle génération enseigneront les mathématiques, les sciences et les techniques en langue nationale dans nos universités.

2 / Développement des couches sociales et économiques liées au problème national.

Maintenant, à l’intérieur comme à l’extérieur du pays, les Cambodgiens sont unanimes pour dire que notre problème fondamental est la domination vietnamienne. C’est déjà un pas important dans nos luttes multiformes pour libérer notre pays de la domination vietnamienne.

Au Cambodge, la pesanteur du pouvoir vietnamien se fait sentir depuis 1979. Les séparations, les souffrances et les morts occasionnés par les conditions inhumaines de travail lors la construction du « Mur de Bambou » du plan K5 sont toujours restées dans la mémoire de nos compatriotes au Cambodge et plus particulièrement à la campagne. D’autre part, la presque totalité de nos compatriotes qui ont été expropriés par les Khmer Rouge. Depuis, ils n’ont pas encore pu récupérer ni leurs terres ni leurs biens immobiliers et mobiliers. A ce jour ils n’ont reçu aucune indemnisation. Au Cambodge, il n’y a pas encore ni service de cadastre sérieux, ni une loi bien précise sur la pérennité de la propriété privée. Les hautes autorités civiles et militaires profitent de ce flou pour exproprier par la force et récupérer les terres qui leur conviennent. Les pauvres sont maintenant obligés de défendre leurs terres, leurs maisons en s’unissant et souvent en utilisant des armes blanches. Ils répondent à la violence par la violence dans un pays où règne la loi de la jungle.

Après la signature des Accords de Paris, le 23 octobre 1991, nos compatriotes à l’étranger étaient presque unanimes pour penser que les grandes puissances et l’ONU allaient nous apporter sur un plateau d’argent l’Indépendance nationale avec notre intégrité territoriale et maritime, le développement économique, la prospérité pour tous, la démocratie, la liberté et la paix.

Nos compatriotes au Cambodge restaient dubitatifs. Car ils savaient que l’évacuation des troupes vietnamiennes n’était qu’une comédie. Les grandes puissances le savaient aussi, mais fermaient les yeux. Les Cambodgiens savaient qu’il y avait et qu’il y a encore de nombreux officiers et généraux vietnamiens dans l’armée fantoche. Ils savaient que beaucoup de Vietnamiens en civil n’étaient que des soldats et officiers vietnamiens déguisés. Le massacre des manifestants de décembre 1991 était commis par la police vietnamienne. Lors du « Coup d’Etat de juillet 1997 », pour détruire l’armée du Funcinpec, ces officiers et soldats vietnamiens déguisés en civil n’avaient qu’à se revêtir des uniformes[2] pour rejoindre les unités régulières de l’Armée Populaire du Vietnam (APV) qui opéraient ouvertement. Les grandes puissances le savaient aussi, mais fermaient les yeux. Ils savaient qu’il y avait de nombreux « conseillers » vietnamiens dans l’entourage du criminel et fantoche Hun Sen. D’ailleurs le fantoche Hun Sen fréquente les terrains de golfe après les réunions officielles. Les grandes puissances le savent aussi très bien, mais ferment les yeux, la défense de leurs intérêts géostratégiques oblige. Les massacres sauvages et sanguinaires de juillet 1997 étaient le fait de l’APV. Le massacre de septembre 1998 était aussi l’œuvre de la police vietnamienne de Hok Lundy.

Nos compatriotes à l’étranger le savent-ils ou se rappellent-ils encore ces faits ? Sans avoir en tête ces données de base, comment espérer trouver les moyens pour rassembler les Cambodgiens dans les luttes multiformes libératrices, si nous ignorons ou oublions déjà ces faits qui restent gravés dans la mémoire de nos compatriotes au Cambodge ?

Les Cambodgiens du Cambodge sont obligés, pour vivre ou pour survivre, de se battre sur tous les fronts avec leur sang, leur sueur et leur cerveau. Les intellectuels, les travailleurs des usines, les artisans, la petite et moyenne bourgeoisie, les paysans, sont les catégories sociales qui, pour exister et pour se développer, sont obligées de se battre contre le pouvoir totalitaire, donc contre la domination vietnamienne.

a / Les intellectuels

Tout d’abord une constatation : un peuple instruit n’accepte jamais de vivre sous la dépendance d’un autre. Hanoi le sait mieux que tout autre. C’est pourquoi le pouvoir actuel fait tout pour maintenir le peuple cambodgien dans l’ignorance, donc dans la maladie, la pauvreté et la dépendance. En particulier en sabotant notre système d’enseignement : professeurs payés moins de 25 $US par mois, scolarité d’une demi-journée pour les enfants des parents qui en ont les moyens et les manuels scolaires inadaptés.

La formation de l’élite scientifique se fait en langue étrangère, donc en petit nombre. Contrairement à ce qui se passe dans tous les pays développés, où l’enseignement scientifique se fait dans la même langue que celle des classes maternelles, avec une ou plusieurs langues étrangères à partir du collège ou un peu plus tôt. L’enseignement supérieur se fait toujours dans la langue nationale avec une ou plusieurs langues étrangères. Comment peut-on espérer former rapidement, par an des milliers, voire des dizaines de milliers d’ingénieurs, de médecins et de techniciens de tous les niveaux avec l’enseignement dans les universités scientifiques dans une langue différente que celle enseignée dans les classes primaires ? Comment peut-on diffuser des livres de vulgarisation scientifiques dans ces conditions ? Savons nous écouter ce que disent les lauréats des Olympiades Scientifiques Junior ?

Il est à noter que plus de 90 % des Cambodgiens à l’étranger ne parlent pas la langue nationale avec leurs enfants. Comment dans ces conditions espérer pouvoir aider nos compatriotes au Cambodge à se libérer de la domination vietnamienne ? Pour espérer pouvoir unir nos compatriotes au Cambodge, ne faut-il pas d’abord essayer d’unir les Cambodgiens à l’étranger ? Sinon, nous ne faisons que transporter nos affrontements au Cambodge ? D’autant plus que le pouvoir fantoche possède des montagnes de dollars pour corrompre ?

D’autre part, le Cambodge est le seul pays de notre région à ne pas avoir un centre de recherche historique. Jusqu’à présent, notre histoire est principalement écrite par des étrangers. C’est ce que déplorent nos compatriotes au Cambodge. Or tous les historiens savent qu’il n’y a pas de vérité historique. L’histoire c’est de la politique. L’histoire est écrite par le présent, par les vainqueurs pour des objectifs qu’ils se sont fixés. « L’histoire est une suite de mensonges sur lesquels on est d’accord » écrivait Napoléon. Si ce centre de recherche est impossible à créer au Cambodge, à cause de l’obstruction du pouvoir fantoche, pourquoi ne pas le créer à l’étranger ? Naturellement ce centre doit utiliser, dans les recherches sur notre histoire, les méthodes les plus modernes utilisées dans les plus grandes universités du monde. Pour comprendre notre histoire, il est nécessaire de donner son importance à l’histoire économique, culturelle et aussi de placer notre pays dans l’évolution du monde à partir de 1511.

Passer notre temps à critiquer ou à maudire le passé, n’est-il pas une façon d’entrer dans l’avenir à reculons ? D’accepter le fait accompli vietnamien ? Le passé n’a de sens que si nous acceptons de nous battre contre les vrais obstacles qui barrent notre route pour l’avenir de nos enfants.

Au Cambodge, notre culture nationale se développe grâce à des patriotes formés aussi bien à l’étranger qu’au Cambodge même. Signalons que le professeur Long Seam, PHD à l’Université de Moscou, a publié en l’an 2000, un dictionnaire du Khmer Ancien – Khmer moderne, avec les caractères anciens et modernes, financée par la Fondation Toyota[3]. Le professeur Long Seam et son équipe, avec de modestes moyens, sont en train de travailler pour publier un dictionnaire de la langue cambodgienne avec 60 000 entrées. Ce sera le deuxième dictionnaire de ce genre depuis le dictionnaire de Chuon Nath diffusé au début des années 1960. Qui pense à lui venir en aide ?

Dans le domaine de la culture, signalons l’importance de la contribution trop brève hélas ! de Ingrid Muan[4], une brillante universitaire américaine d’origine suédoise. Elle est morte récemment, dans des conditions mystérieuses à Phnom Penh, à l’âge de 40 ans. Elle parlait couramment notre langue et aimait s’entretenir avec de simples gens. Elle a choisit notre pays après avoir visité l’Indonésie et le Vietnam. Elle a senti qu’au Cambodge il existe une âme et une atmosphère artistiques et culturelles léguées par une histoire de plus de 3 mille ans. Son œuvre est heureusement poursuivie par ses collaborateurs cambodgiens et étrangers. Les aides continuent à affluer. Le Cambodge possède maintenant des imprimeries modernes capables d’éditer des livres de qualité internationale et à des prix très compétitifs. La culture cambodgienne est maintenant connue et appréciée dans le monde cultivé occidental. Signalons qu’aux Etats-Unis il y a aussi des cambodgiens Ph.D en musicologie et en danses cambodgiennes classiques. Ils viennent souvent au Cambodge apporter leurs contributions au développement de notre culture. Ni la Thailande, ni le Vietnam ne peuvent nous rivaliser dans ces domaines.

Le Cambodge manque-t-il de cerveaux ? Les résultats des dernières Olympiades Scientifiques Junior en Indonésie ne sont-ils pas là pour montrer le contraire ? Ces résultats vont certainement faire rêver nos jeunes au Cambodge et aussi à l’étranger. Le Cambodge manque-t-il d’artistes de niveau international ? L’essor actuel de notre art : musique, danse, peinture, sculpture, roman etc. montre à l’évidence le renouveau de notre culture. Nous remercions Ingrid Muan pour avoir pressenti cette immense capacité de notre peuple et avoir consacré sa vie à l’aider à se développer.

Signalons qu’il y a aussi des Cambodgiens qui publient les écrits anciens pour inspirer nos jeunes. Déjà les DVD et des livres publiés au Cambodge traversent nos frontières et sont connus dans les foyers de nos frères au Kampuchea Krom et en Thailande. A partir de maintenant la culture cambodgienne a un support écrit et visuel. La fraternité et la communauté culturelle entre les Cambodgiens du Cambodge et nos frères par delà nos frontières ne peuvent que se renforcer. Signalons que déjà les mêmes chansons sont écoutées et fredonnées depuis Surin jusqu’à Triton en passant par Phnom Penh. Nous souhaitons connaître bientôt, des œuvres culturelles créées par nos sœurs et frères d’au de là de nos frontières.

Au Cambodge, maintenant il y a des imprimeurs, des éditeurs et des libraires qui gagnent convenablement leur vie. Reste maintenant le problème des droits d’auteur pour permettre à nos écrivains de gagner de l’argent et de vivre de leurs écrits comme c’était le cas de Boun Chan Mol par exemple avant 1975.

Reste à développer tout cela chez nos compatriotes vivant en Europe et en Amérique du Nord. Combien de nos compatriotes à l’étranger ont-ils, dans leurs bibliothèques, des livres publiés au Cambodge ? C’est à nous, Cambodgiens de la diaspora à se mettre en phase avec nos compatriotes au Cambodge.

b / Les travailleurs des villes.

Au point de vue social, il y a maintenant 300 000 ouvrières et ouvriers cambodgiens dans les industries textiles qui vivent grâce aux exportations principalement vers les Etats-Unis et vers l’Europe. Les salaires de ces travailleurs représentent à eux seuls 180 millions de $US par an. Cette somme entre intégralement dans le circuit économique du pays avec la centaine de millions de $US introduits par les familles vivant à l’étranger et une partie des dépenses des ONG. Les aides internationales vont principalement dans les poches des hauts dignitaires du pouvoir fantoche.

La majorité des familles de ces travailleurs des usines textiles habitent la campagne. Ces jeunes travailleurs sont donc des vecteurs qui introduisent les idées des villes dans leurs familles. Ils sont donc des vecteurs de modernisation à la campagne. Reste l’amélioration des routes pour relier les villes et les villages entre eux, pour que diminuer la durée des voyages et ainsi accélérer la symbiose ville - campagne. C’est justement ce que les aides japonaises refusent obstinément de faire.

Au Cambodge, il n’y a pratiquement pas d’institut ou d’école d’une certaine importance pour former des techniciens de tous les niveaux. L’Electricité du Cambodge n’est-elle pas obligée d’avoir recours à une ONG pour former ses techniciens pour seulement à l’Ouest de notre pays ? Pour l’Est c’est le Vietnam qui s’en charge ? Le commerce et le réseau électrique de cette région ne sont-ils pas déjà intégrés au Vietnam ? Hok Lundy, qui commande effectivement l’armée et la police cambodgiennes n’est pas déjà, en fait, le vrai maître du pays. Hok Lundy ne reçoit des ordres que de Hanoi. N’est-il pas lui qui a donné à Hun Sen l’ordre de limoger Chea Sophara ? Dans son fief à Svay Rieng, Hok Lundy se fait construire un véritable château avec des moyens de communications les plus sophistiqués avec Hanoi et ses réseaux installés dans tout le Cambodge. Les Cambodgiens, un peu curieux peuvent aller le constater à leurs risques et périls.

Les travailleurs cambodgiens ont des intérêts similaires. Le Siorc (Syndicat Indépendant des Ouvriers du Royaume du Cambodge) qui les défend est la première organisation professionnelle du Cambodge. La lutte de tous les travailleurs du Cambodge pour défendre leurs salaires et leurs conditions de travail, fait partie intégrante de notre lutte pour libérer notre pays de la domination vietnamienne et aussi pour la démocratie et la liberté. Le président du Siorc, Chea Vichea est connu et soutenu par de nombreux syndicats du monde occidental. Cela n’a pas empêché les sbires de Hok Lundy de le tuer. Maintenant c’est le frère de Chea Vichea, Chea Mony qui prend la relève. Les Cambodgiens n’ont plus peur de la mort. La mémoire de Chea Vichea reste toujours vivace au Cambodge. Le pouvoir fantoche a maintenant peur du fantôme de Chea Vichea. Il refuse toujours de permettre l’érection d’une statue pour honorer la mémoire du défunt. Le pouvoir fantoche a peur des fantômes des patriotes, lui qui se met à genoux devant le gigantesque monument à la gloire de ses maîtres.

Parallèlement au syndicat ouvrier, il y a maintenant un syndicat pour les enseignants sous le nom de « Association Indépendante des Enseignants du Cambodge ». L’esprit syndicaliste est plus fort que jamais.

c / Les artisans, la petite et moyenne bourgeoisie.

En 1979, les Vietnamiens se sont appropriés les plus belles maisons et habitations de Phnom Penh. A l’arrivée des Occidentaux en 1991, les Vietnamiens les ont vendues à des prix d’or. Puis les Occidentaux ont recours à des entreprises et ouvriers vietnamiens pour les rénover. Prétextant que les Cambodgiens sont incapables de faire de tels travaux. Le docteur Beat Richner démontre le contraire. Richner utilisait uniquement des entreprises, ingénieurs et techniciens cambodgiens pour construire, selon les normes « suisses », les hôpitaux Kantha Bopha. Richner fait appliquer l’hygiène « suisse » dans ces hôpitaux, utilisent les meilleurs médicaments, comme en « Suisse ». Le personnel soignant est presque cambodgien en totalité. C’est la preuve que même dans les conditions actuelles, les Cambodgiens sont capables de construire et d’assurer le fonctionnement des hôpitaux de qualité suisse.

Cela prouve qu’il n’y a aucune volonté internationale, à la seule exception de Beat Richner, pour apprendre aux Cambodgiens les sciences et techniques. N’est-il pas une façon d’aider le Vietnam à transformer notre pays en une de ses provinces ?

Qu’à cela ne tienne, les Cambodgiens apprennent sur le tas, c’est-à-dire en se débrouillant, en autodidactes, apprendre en faisant. D’ailleurs une lauréate des Olympiades Scientifiques Junior, Mom Charya, ne déplore-t-elle pas que les études scientifiques ne sont pas encouragées au Cambodge ? Le Japon n’utilise-t-il pas uniquement des entreprises vietnamiennes pour construire les routes de Phnom Penh à Saigon et la route qui relie nos provinces du Nord-Est au port vietnamien de Da Nang ?

Il y a maintenant des garages cambodgiens qui réparent les voitures les plus modernes, des réparateurs de télévisions dans des villages etc. Beaucoup de Cambodgiens, maintenant ont recours à des techniciens et travailleurs cambodgiens pour construire et rénover leur maison, pour réparer les climatiseurs, les divers moteurs, appareils informatiques etc. Nos compatriotes disent que les ouvriers cambodgiens travaillent bien et sont plus consciencieusement que les travailleurs vietnamiens.

Il y a maintenant des petites et moyennes entreprises cambodgiennes dans tous les domaines. Récemment il y a des propriétaires de rizeries qui se battent pour pouvoir exporter notre riz par notre port de Kompong Som et non par Saigon.

Ainsi les ingénieurs, techniciens, artisans, patrons des petites et moyennes entreprises, sont confrontés aux mêmes ennemis : l’obstruction du pouvoir fantoche et la domination économique vietnamienne.

En particulier par la domination de la société vietnamienne Sokimex qui a le quasi-monopole de l’importation et de la distribution des produits pétroliers, de la confection des uniformes de l’armée et de la police etc. N’est-ce pas la raison principale du prix de l’énergie au Cambodge, une fois et demie plus cher que chez nos voisins ? Sokimex avec ses sociétés affiliées, comme la banque Canadia, n’est-elle pas, de loin, la plus grande propriétaire foncier du Cambodge. Sokimex et la banque Canadia possèdent déjà un trésor de guerre qui se chiffre à des milliards, voire des dizaines de milliards de dollars. La banque vietnamienne Canadia, la plus grande banque « privée » du Cambodge a aussi le monopole du commerce international de notre pays.

Pour freiner le développement économique du Cambodge, le pouvoir fantoche fait payer aux Cambodgiens, le double du prix de l’énergie chez nos voisins. Or l’énergie est la base de tout développement économique. Ce prix élevé de l’énergie remplit aussi les poches de la Sokimex. Hanoi gagne à tous les coups.

En plus, il y a le problème de sécurité. Les voitures et camions conduits par des Vietnamiens ne sont jamais contrôlés par les policiers. Les entreprises cambodgiennes qui n’utilisent pas des employés vietnamiens doivent faire face à des problèmes de sécurité. Le système bancaire au Cambodge n’est pas encore utilisé couramment. Les grandes banques internationales ne sont pas encore représentées au Cambodge. Pourquoi ?

Signalons aussi la lutte des avocats cambodgiens pour imposer la démocratie au sein de leur association « Le Barreau ». L’avocat Suon Visal a été élu régulièrement, il y a plus d’un an, président du Barreau en remplacement du représentant du pouvoir fantoche Ky Tech. Mais ce dernier refuse de céder sa place. En principe de nouvelles élections doivent se tenir en avril. Avec la complicité du pouvoir fantoche, Ky Tech refuse toujours de fixer une date précise pour ces nouvelles élections. Ce qui montre clairement que les intellectuels n’acceptent plus de se plier aux quatre volontés du pouvoir fantoche. Que fait le Japon, pourvoyeur des fonds au Barreau cambodgien ?

Ainsi les artisans, la petite et moyenne bourgeoisie sont obligés de se battre contre le pouvoir fantoche, donc contre la domination vietnamienne pour subsister et pour se développer en nombre et en volume d’affaires.

Signalons qu’il existe maintenant une certaine méfiance contre les produits vietnamiens. Est-ce une forme de boycotte des produits vietnamiens qui est en train de s’instaurer au Cambodge et aussi à l’étranger ? En fait, les Cambodgiens de plus en plus nombreux, au Cambodge comme à l’étranger ne veulent plus acheter les produits « made in Vietnam ».

d / Les paysans.

C’est la catégorie sociale qui compte la plus grande proportion d’illettrés, la plus grande proportion d’enfants non scolarisés. Ce sont eux qui supportent le fardeau de la construction du Mur de Bambou du plan K5, exécuté par Hun Sen sur ordre de Hanoi, en 1986. Après les Accords de Paris, ils n’ont jamais été indemnisés. UNTAC ne leur a jamais attribué des terres, pourtant promises par Akashi. Combien d’entre eux viennent mourir misérablement dans les villes ? Combien d’entre eux sont obligés d’aller mendier à Saigon ou à Bangkok ? Combien de leurs filles et fils sont obligés de se prostituer ? Combien d’entre eux sont morts du Sida introduit par les hommes d’UNTAC et propagé par les prostituées vietnamiennes ?

De nos jours, les paysans doivent se battre contre le pouvoir fantoche qui veut les maintenir, d’une main de fer, dans l’ignorance, la maladie et la pauvreté.

Une partie de leurs enfants sont des ouvrières et des ouvriers des usines textiles qui leur envoient une partie de leurs salaires. Tous les ans ces travailleurs viennent rendre visite à leurs familles plusieurs fois par an. Les routes sont difficiles, surtout durant la saison des pluies. Le Japon dépense des centaines de millions de dollars pour construire des routes qui favorisent les exportations cambodgiennes vers Saigon, mais pas le moindre sou pour nos communications intérieures. Les Cambodgiens utilisent les routes existantes depuis la période angkorienne.

Combien, parmi ceux qui sont obligés de fréquenter les décharges publiques, souvent avec leurs enfants, pour essayer de trouver des restes pour survivre, ne sont-ils pas eux-mêmes ou les enfants de ceux qui étaient maltraités sous le pouvoir Khmer Rouge, puis maltraités lors de la construction du Mur de Bambou ? Qui pense à leur venir en aide ? Leur calvaire prendra-t-il fin avec les rentes pétrolières annuelles de 4 milliards de $US à partir de 2009 ?

En venant voir leur famille, ces ouvrières et ouvriers, apportent non seulement une partie de leurs salaires, mais aussi des connaissances des villes. Certains apportent aussi des livres, des revues. Ainsi les paysans ne sont plus isolés et livrés à eux-mêmes.

D’autres sont obligés de se battre parfois avec des armes blanches pour défendre leurs terres, leurs maisons.

Maintenant les paysans cambodgiens ne sont plus isolés. Ils savent que d’autres couches sociales sont aussi en train de se battre contre le pouvoir fantoche. D’autre part certains de leurs enfants savent maintenant lire et d’autres ont acquis des connaissances plus profondes. Cela leur donne des connaissances, des idées et du courage. Car ils savent maintenant que d’autres couches sociales du pays se battent aussi contre le même ennemi.

3. Conclusion

L’Unité de lutte des Cambodgiens de toutes les couches sociales est en marche. Ces luttes sont multiformes mais convergentes vers les mêmes objectifs. L’Unité Nationale est en train de se faire et aucune force ne peut l’en empêcher.

Note : This article is available into english upon request.

[1] « Japon – Vietnam. Histoire d’une relation sous influence », par Guy Faure et Laurent Schwab, Ed : IRASEC, Paris – Bangkok, 2004
[2] Le pouvoir fantoche continue toujours à donner le monopole de la confection des uniformes de l’armée et de la police cambodgienne à une filiale de la société vietnamienne Sokimex. Quel est le nombre de travailleurs cambodgiens dans cette société ?
[3] Ne pas confondre la Fondation Toyota avec le gouvernement japonais qui font tout pour aider le Vietnam à transforme notre pays en une province vietnamienne, notamment en finançant principalement les routes Phnom Penh – Saigon et la route Est-Ouest qui reliera nos provinces du Nord-Est au port vietnamien de Da Nang.
[4] Ingrid Muan était une brillante universitaire Américaine d’origine Suédoise qui a créé avec son ami Cambodgien Ly Daravuth le Centre Reyum pour favoriser l’évolution de l’art cambodgien avec les apports des autres arts du monde et aussi pour développer et la diffusion des livres en langue nationale. Elle est morte mystérieusement il y a un peu plus d’un an. Ingrid Muan a pu obtenir des grandes Fondations Culturelles Internationales comme « The Albert Kunstadter family Foundation », the « Japan Foundation Asia Center, the « Rockefeller Foundation » et the « Toyota Foundation » des aides importantes. Elle a aussi commandé une étude sur les publications au Cambodge en 2002 et l’état des imprimeries. A la suite de ce rapport, elle a obtenu des subventions pour l’installation des imprimeries neuves et modernes. Maintenant au Cambodge, il y a des imprimeries capables de publier des livres en tout genre comme partout ailleurs et à des prix très bas, avec des techniciens entièrement cambodgiens. Maintenant les éditeurs des livres en cambodgien gagnent de l’argent. Reste maintenant à se battre contre la censure et pour l’instauration de véritables droits d’auteurs pour que les écrivains puissent à leur tour gagner de l’argent comme dans tous les autres pays développés du monde.